Le groupe BMPT, même si certains des artistes récusent le terme de groupe, a marqué un moment de la peinture dans les années Soixante. Nous citons ici un extrait d’un texte de Jean-Louis ANDRAL, (ADPF) :
« En janvier 1967, lors de sa XVIIIe édition, quatre jeunes artistes, Daniel Buren Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni qui s'étaient constitués en groupe (BMPT) le 24 décembre 1966 - Michel Troche pensait-il à eux lorsqu'il écrivait en avant-propos du catalogue : « Je me félicite de plus en plus qu'une bande de "voyous" terrorise le Salon de la jeune peinture » ? -, allaient pour la première fois mettre en évidence, à l'aide de toiles très particulières, le mutisme de l'oeuvre d'art ne signifiant plus rien que sa propre présence, sourde à tous présupposés d'ordre esthétique ou idéologique. Mais « la peinture, jusqu'à preuve du contraire, étant par vocation réactionnaire », ils décrochèrent, le 3 janvier, jour du vernissage, leurs travaux des cimaises du musée d'Art moderne de la Ville de Paris, qui allait fonder, cette même année 1967, l'ARC (Animation, Recherche, Confrontation), et il fallut attendre six mois pour les revoir, en juin, au musée des Arts décoratifs, lors d'un happening où rien ne se passa.
Dans une salle de conférences étaient accrochées, au-dessus de la scène, sur deux rangées, quatre toiles de même format carré, respectant le sens de lecture alphabétique. La toile de Buren était divisée en rayures de couleurs, verticales et égales, et recouverte en ses deux extrémités de blanc ; celle de Mosset,, sur le fond blanc, était marquée en son centre d'un cercle noir ; Parmentier, quant à lui, avait alterné sur la sienne de larges bandes horizontales grises et blanches, et Toroni montrait des empreintes de peintures à intervalles réguliers, réalisées en quinconce avec une même brosse.
Pour décontenancer davantage le public, les artistes distribuèrent un document se contentant de décrire les oeuvres qui étaient mises en scène et refusant ainsi tout commentaire autre que le « slogan » de la « Manifestation 1 », puisque tout ceci était monté avec des méthodes proches de celles qu'utilise la publicité pour lancer un nouveau produit : « Buren , Mosset, Parmentier, Toroni n'exposent pas » (nous soulignons). Comme devait l'écrire Michel Claura, lors de la quatrième et dernière manifestation de cette association éphémère d'individus, dans le catalogue de la 5e Biennale de Paris, en septembre 1967, où ces peintures allaient retrouver les salles qu'elles avaient quittées précipitamment quelques mois plus tôt : « Buren, Mosset, Parmentier, Toroni, c'est l'abandon délibéré de la sensibilité qui a toujours été l'élément moteur et la force d'attraction de l'oeuvre d'art. Toutes les toiles de Buren - et il en est de même pour celles de Mosset, pour celles de Parmentier, pour celles de Toroni - sont identiques. Il n'y a plus de notion de perfectibilité. On chercherait vainement l'illusion qu'ils nous proposent. Une peinture aussi "réduite" n'est ni le tout ni le rien. Ni réconfort ni malaise ne sont à quêter dans leur peinture. Il n'y a pas de communication. Le spectateur est laissé seul avec lui-même. Le contact avec l'oeuvre d'art a perdu sa "qualité" principale : sa propriété émolliente. (...) La peinture de Buren , Mosset, Parmentier, Toroni, ne fait qu'exister. » Les quatre artistes se sépareront le 5 décembre 1967.»
Parmi les artistes concernés, Michel PARMENTIER est décédé et Niel TORONI ne figure pas encore dans l’Encyclopédie.
Claude Guibert
http://claude-guibert.club-blog.fr/chroniques_de_lencyclopdi/2005/04/bmpt.html
dimanche, juillet 16, 2006
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire